03 août 2004

Relever le défi démographique sans enfants?

Un, deux, trois, go!



UN. Une manchette de radio-canada.ca attire mon attention ce matin : « Les jeunes libéraux s'attaquent au défi démographique ». Je me rends sur le site de la Commission jeunesse du Parti libéral où je trouve effectivement un document de réflexion sur le défi démographique intitulé Parce que c'est notre avenir. Je télécharge les dix pages PDF « pour en savoir plus... »



DEUX. Je suis ravi que les jeunes libéraux consacrent leur congrès de la fin de semaine prochaine au défi démographique. Nos gouvernements mettent trop facilement le sujet sous le tapis.



TROIS. Je suis extrêmement déçu de l'approche strictement économique dans laquelle s'enferme le document Parce que c'est notre avenir. Déçu, mais pas vraiment surpris. À titre d'exemples : les auteurs ont réussi à rédiger dix pages de 'réflexion sur le défi démographique' sans utiliser une seule fois les mots 'enfant', 'bébé', 'mère', 'père', 'grossesse'...; et le mot 'famille' apparaît une seule fois, pour amener l'immense question suivante

« Dans quelle mesure l'augmentation des naissances dans les prochaines années aura un effet positif sur la démographie puisqu'il s'agit d'une nouvelle génération pour qui il faudra investir, par exemple en éducation, en santé, etc.? »


GO. Les jeunes libéraux en ont encore à apprendre (à moins que je ne sois moi-même dû pour une mise à jour?). Un peuple n'élit pas un gouvernement pour qu'il soit rentable mais pour qu'il favorise son épanouissement collectif, familial et personnel, et assure sa continuité. Le déclin démographique n'est rien d'autre que l'autre côté de la médaille économique néo-libéraliste. Le défi démographique en est un de partage collectif.






02 août 2004

Gai lon la, gai le rosier...

Hier c'était à Montréal le défilé de la 'fierté gaie'. Les images qu'on nous montre dans les médias de ce genre d'événements laissent perplexe et contribuent à renforcer les préjugés et les stéréotypes ramenant les homophylophiles à n'être que des exhibitionnistes, des travestis, des extravertis, des maniérés, bref des obsédés de leur sexe.


Maintenant que l'homosexualité est majoritairement considérée comme une forme de sexualité parmi d'autres, ne serait-il pas temps que les gais se questionnent sur les effets vicieux de ces défilés à fleur de peau sur le renforcement de leur marginalisation? Ne serait-il pas temps qu'ils passent à autre chose?


Pourquoi ce genre de manifestations -- puisqu'il en faut -- ne seraient-elles pas dorénavant organisées pour appuyer d'autres marginaux, pour soutenir des causes encore perdues celles-là, pour aider des sans-moyens à retrouver leur fierté? Le défilé gai pour les sans-abris. Le défilé gai pour ceux qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Le défilé gai pour les handicapés laissés pour compte. Le défilé gai pour les vieux et les vieilles condamnés à l'isolement. Le défilé gai pour les jeunes familles découragées par 'le système'. Le défilé gai pour les réfugiés qui n'en finissent pas d'attendre qu'on régularise leur situation. Le défilé gai pour les travailleurs et travailleuses exploités légalement par le salaire minimum. Le défilé gai pour les travailleurs et travailleuses qui ont sacrifié leur emploi à la mondialisation et à la relocalisation. Etc. Ce ne sont pas les causes qui manquent!


Bref, passer réellement et carrément de la marginalisation sociale à l'intégration sociale; être fiers, mais aussi partager et susciter la fierté. Parce qu'on peut facilement prendre goût à la marginalisation et à la piedestalisation, surtout lorsqu'on en a les moyens, comme en témoignent la plupart des joueurs des équipes 'professionnelles' et la plupart des milliardaires...


01 août 2004

$anté!

« Les provinces veulent plus d'argent pour la santé! »



Monsieur Martin, tenez votre bout! De l'argent pour la santé, oui. Mais pour la santé. Il faut à tout prix que vous contrôliez où ira notre argent : dans la prévention, dans les soins à domiciles, dans la médecine familiale, dans la promotion d'un mode de vie santé et d'une alimentation santé, dans l'éducation santé des jeunes, dans le traitement santé des personnes en perte d'autonomie, dans des pratiques environnementales santé... Ne laissez pas aller cet argent inconsidérement dans un système 'de santé' qui nous rend de plus en plus malades.



Thérèse Bernard rapporte des statistiques extrêmement révélatrices dans l'hebdo régional Brome County News :
Une étude américaine récente* menée par une équipe de médecins conclut que le système de santé moderne constitue la cause première de décès de la population. (...) Selon eux et de nombreux articles parus, le nombre annuel de procédés médicaux et chirurgicaux non nécessaires se chiffre à 7,5 millions tandis que le nombre annuel d'hospitalisations non nécessaires atteint 8,9 millions. Le nombre de décès à cause d'erreurs d'un médecin ou d'un chirurgien ou de traitements atteint 783 966 annuellement. (...) Les chiffres annuels pour les décès à cause d'interventions médicales projetés sur dix ans montrent un total de 7,8 millions de décès, ce qui est plus que tous les décès survenus dans toutes les guerres américaines à travers l'histoire des USA. (...) Les statistiques sur dix ans pour les interventions médicales non nécessaires sont tout aussi dramatiques : un total de 164 millions d'Américains, environ 56 pourcent de la population, ont été traités inutilement par l'industrie médicale, ce qui représente près de 50 000 personnes par jour!


* Texte intégral de l'étude (en anglais) : Death by Medicine, Gary Null, PhD, Carolyn Dean, MD, ND, Martin Feldman, MD, Debora Rasio, MD et Dorothy Smith, PhD. (On peut aussi télécharger l'étude en version PDF.)