09 août 2005

Réflexion bête, sauvage même

Il m'arrive de penser bêtes.



Je pensais ce matin en plein bois à l'évolution des bêtes, dont nous sommes.



Je me demandais comment il se fait que les bêtes, plus elles sont restées bêtes, c'est-à-dire sauvages, plus elles sont devenues autonomes même en troupeaux. Et comment il se fait que l'homo sapiens a évolué vers l'homo economicus mondialisé d'aujourd'hui, l'être le plus dépendant que la planète n'ait jamais engendré, selon toute vraisemblance...



Et puis en sortant du bois je me suis mis à penser sauvages, ce que nous rêvons tous d'être (avouez).



Je me suis demandé comment il se fait que dans un pays modèle de multiculturalisme comme le nôtre, accueillant par milliers et indistinctement toutes couleurs, moeurs, traditions, langues et religions allant même jusqu'à sacrifier les nôtres pour mettre nos hôtes plus à l'aise, on n'ait pas encore réussi à trouver un modus vivendi avec les Autochtones, ces sauvages autonomistes invétérés chez qui nous habitons depuis au moins cinq siècles en toute légalité selon le droit impérial-iste immuable, fondement de la civilisation avec sa règle du « Tout ce que tu acquiers sans égard pour les moyens t'appartient à jamais », si ce ne serait pas parce qu'ils ont, eux, -- réflexion bête, sauvage même -- toujours refusé de sacrifier leurs couleurs, moeurs, traditions, langues et religions pour mettre les nôtres à l'aise, préférant rester sauvages, c'est-à-dire autonomes, alors que nous savons bien, car ils nous l'ont appris, qu'en agissant ainsi nous finirions à notre tour dans des réserves appelées communautés francophones. (Pas facile de résumer mille ans d'histoire dont cinq cents à venir en une seule phrase...)




2 commentaires:

François Guité a dit...

En un mot : antagonisme. Des cultures trop dissemblables ne peuvent pas coexister. Les cultures dominantes ont un seuil de tolérance à l'endroit des autres ethnies qui varie en fonction de plusieurs critères, mais qui comporte toujours des limites. Au-delà de cette limite, la divergence conduit à l'antagonisme. C'est fort malheureux.

JT a dit...

L'antagonisme peut cependant être un puissant levier de créativité. C'est ce qui a amené les Québécois à 'se distinguer' tout en demeurant Canadiens. Les Autochtones auraient pu suivre un parcours similaire... Les Anglais depuis la conquête ont laissé aux Canadiens-français suffisamment d'autonomie pour qu'ils se développent sans avoir à renier leur identité, du moins au Québec. Un des 'mystères' de notre histoire, c'est qu'après la conquête, les Canadiens, autant anglais que français, n'aient pas donné la même chance aux Autochtones... Ce qui précède l'antagonisme, c'est la culture de l'antagonisme.