30 juin 2004
29 juin 2004
La langue de nos élus
Au lendemain des élections fédérales, je ramène ici la citation de François Taillandier en lui donnant plus d'extension : « Nous sommes gouvernés par nos capacités de dire (ou nos impossibilités) ».
Le vote populaire a déterminé hier quelle serait la composition de la Chambre des Communes; ce faisant, nous avons ainsi remis notre gouverne entre les mains des élus. La répartition des sièges fait en sorte que les grands courants sont bien représentés : libéralisme, conservatisme, socialisme et autonomisme.
Reste à voir si celles et ceux que nous avons élus ont cette « capacité à produire du sens, à en déceler, à en exprimer » de façon à créer les consensus qui pourront nous faire bénéficier de ce qu'il y a de meilleur dans chacune de ces idéologies.
L'apprentissage d'une langue, sa plus ou moins grande maîtrise, les rapports qu'à travers elle on établit (ou non) avec une culture, l'appartenance sociale ou le niveau dont elle nous marque, tout cela gouverne notre capacité à produire du sens, à en déceler, à en exprimer. Nous sommes parlés par la langue que nous parlons, nous sommes " gouvernés " par nos capacités de dire (ou nos impossibilités).
(...) Nous n'exprimons jamais que ce que la langue dont nous disposons nous permet d'exprimer. Tout le problème est là.
(...) L'accès à une langue, c'est l'accès à tout ce que sans elle on ne saurait ni comprendre ni dire.
Extraits des Chroniques de François Taillandier, Vers la néo-langue, dans L'Humanité.
28 juin 2004
Oser le dire
Alain Lefèvre dénonce ce qu'il appelle la « moronie », de l'anglais moron (ou idiot). « C'est la puissance de cette industrie du marketing et du plaisir qui débilise (sic) nos peuples. Ça part principalement des États-Unis, qui ont réussi, en 50 ans, à nous imposer un cinéma de plus en plus débile. Très difficilement, des oeuvres de qualité arrivent à sortir. Il faut convaincre les jeunes, ajoute-t-il, qu'en allant vers les arts un peu plus classiques -- la musique, la littérature --, en pensant, en lisant, ils font de meilleurs citoyens. »
Cité par Claude Couillard, ALAIN LEFÈVRE : NON À LA MORONIE!, dans le Guide culturel de Radio-Canada.ca