14 mars 2008

L'inaction démocratique au Québec

J'ai cru jusqu'à récemment que Mario Dumont avait un parti pris pour le tiers monde québécois, pour le pauvre monde et pour leurs enfants. En acceptant de voter docilement en faveur du budget de Mme Jérôme Forget, il montre enfin ses vraies couleurs.

Je ne me prononce pas ici sur ce budget en soi, n'ayant ni le temps ni la compétence d'en analyser les 362 pages. On dit que c'est un bon budget libéral. Libéral, c'est-à-dire favorisant la classe possédante en espérant ainsi susciter la création d'une plus grande richesse et une meilleure répartition de celle-ci :
« À long terme, ces mesures auront donc un impact important sur la répartition de la richesse, ainsi tous les Québécois profiteront d’une hausse de leur niveau de vie.

[...]

Ainsi, les politiques du gouvernement permettront un recul du taux de pauvreté de 2,5 points de pourcentage à terme. »

(Budget 2008-2009 - Plan budgétaire, p. F96)

Selon le document publié par le ministère des Finances, le budget libéral de 63 milliards de dollars fera en sorte que « à terme », la proportion du pauvre monde passera de 11,8 % à 9,3 % de la population du Québec. Soit dit en passant, en toute équité démocratique, le pourcentage de Québécois pauvres devrait diminuer dans la même proportion que l'augmentation de la richesse collective; ce qui est loin d'être le cas.

Mario Dumont avait pourtant trouvé une formule qui m'apparaissait assez juste pour pratiquement en finir avec la pauvreté, celle des familles du moins, en leur promettant une allocation de 100 $ par enfant chaque semaine. De quoi remonter un peu la tête en passant à la caisse du supermarché, de quoi faire diminuer la honte chronique des comptes impayés, de quoi être enfin fiers de voir reconnu par la société bénéficiaire le choix d'avoir des enfants et de les élever. Être fiers. Fiers comme les vieux, dont la société reconnaît l'apport à l'augmentation de la richesse collective en leur allouant une redevance mensuelle sans conditions.

Mais cette formule était trop proactivement démocratique et pas assez électoraliste pour y tenir mordicus. Mario et ses pairs ont décidé d'enlever leurs masques et de se ranger du côté de la majorité votante québécoise, celle des bien payés et des bons payeurs.

Et ainsi, grâce à l'inaction démocratique, un Québécois sur dix continuera à avoir honte de l'être.

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