12 mars 2006

La vraie mesure de notre déclin

Un peu démoralisant le portrait de notre village planétaire que tracent les invités de Marie-France Bazzo en réponse à la question : Assistons-nous au déclin de notre société? Des entrevues avec l'historien André Champagne, la sociologue Louise Vandelac, le médecin et écrivain Jean-Christophe Rufin ainsi que le romancier et cinéaste Jacques Godbout. Il s'en dégage un sentiment d'impuissance de l'homme d'aujourd'hui devant l'urgence de trouver des solutions aux grands problèmes qu'il a pourtant lui-même créés : inégalités galopantes, dégradation de l'environnement, individualisme à outrance, barbarisation frôlant les guerres civiles, déification du corps, hyperspécialisation, accélération irréfléchie des changements...



Ce portrait correspond-il à la 'réalité mondiale' ou n'est-il pas plutôt le résultat du traitement que font les médias de cette réalité notamment à travers 'les nouvelles'? Car un des effets pervers des bulletins de nouvelles et des reportages, c'est justement d'entretenir notre sentiment d'impuissance devant l'entassement et l'amplification des catastrophes imputables à la bêtise humaine. Et voilà notre passivité viscérale justifiée en même temps que nos émotions rassasiées.



La réalité est locale. On peut agir localement. La question qu'on évite trop facilement, c'est : Assistons-nous au déclin de notre quartier ou de notre village? Répondre oui nous obligerait à sortir et à agir autour de nous. Aussi bien dans ce cas ne pas se poser la question et continuer à écouter, impuissants, 'les nouvelles nationales et internationales'.


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