31 janvier 2006

Blogues et télé

Les blogues ne sont pas du tout télégéniques. On peut parler des blogues à la télé (Méchant contraste!), on peut les citer (Les coulisses du pouvoir), mais impossible de les montrer vraiment. Il y a là un problème à la fois de communicativité : les blogues peuvent faire fi de l'espace et du temps, ce que la télé ne peut faire. Mais aussi un problème de communicabilité : les préjugés sont tenaces dans les médias 'traditionnels' qui ont tendance à faire de l'information leur chasse gardée.



Tout cela va changer le jour où la télé sera proactive et interactive. Alors se développera entre la télé et les blogues une créative complémentarité : au moment de la préparation interactive d'une émission; mais surtout après sa diffusion, pour lui assurer un prolongement proactif.



Lire à ce sujet la réflexion de Jeff Jarvis sur le potentiel créatif de l'interactivité (Interaction vs. reaction: But enough about you...) :



Interactivity is about more than reaction. It is about creation. It is not about controlled authority. It is about sharing authority. That is a lesson newspapers and media companies need to learn.


26 janvier 2006

L'amour, selon Benoit XVI

Aujourd'hui, je lis attentivement la lettre encyclique Deus caritas est.


    Selon le Trésor de la langue française informatisé (TLFi), une encyclique est une « lettre destinée à circuler dans un milieu donné pour transmettre un message ». L'ancêtre du blogue, finalement...

Benoit XVI est un pape qui ne manque pas d'audace pour venir dire au monde -- aux chrétiens dont je suis, en fait -- ce qu'est l'amour!


J'y reviendrai dans un prochain billet : le sujet est trop important pour passer à côté.

24 janvier 2006

Démocratie Canada

Dans Brome-Missisquoi, Christian Ouellet vient d'être élu pour nous représenter au Parlement d'Ottawa. Un indépendantiste. Choix que j'endosse sans aucune restriction parce que c'est le résultat d'une démarche démocratique.



Démocratique au Canada ne veut pas dire logique. Dans ce comté, par exemple, 61,7 % des électeurs qui se sont prévalus de leur droit de vote sont fédéralistes; seulement 38,3 % d'entre eux sont indépendantistes. Notre député sera pourtant contre toute rationalité un indépendantiste. Ainsi le veut la démocratie canadienne fondée sur le multipartisme et le respect des minorités.



RÉSULTATS DANS BROME-MISSISQUOI

Ouellet, Christian (Bloc Québécois) : 18 600 (38.3%)

Paradis, Denis (Libéral) : 13 572 (28.0%)

Marler, David (Conservateur) : 9 879 (20.3%)

Jetté, Josianne (NPD) : 2 844 (5.9%)

Grafftey, Heward (Parti PC) : 1 921 (4.0%)

Champagne, Michel (Parti Vert) : 1 741 (3.6%)

 

Et le phénomène n'est pas que local. Le Bloc profite de la magnanimité de notre système démocratique canadien dans tout le Québec : avec l'appui de 42,1 % des électeurs ayant exercé leur droit de vote hier, les indépendantistes ayant fait bloc se retrouvent avec 68 % des députés du Québec à la Chambre des Communes...


 

Source des résultats : Élections Canada

 

23 janvier 2006

Voter pour ou voter contre?

J'ai encore quelques heures pour faire mon choix. « Pour... Contre... » le scandale des commandites, les surplus, le déficit fiscal, le protocole de Kyoto... Harper, Martin, Layton, Duceppe ne sont plus maintenant que de vains mots qui s'entrechoquent dans ma tête.



Car aujourd'hui, il faut que je vote. Que je vote pour une personne que je connais peu ou pas et qui s'appelle Michel Champagne, Heward Grafftey, Josianne Jetté, David Marler, Christian Ouellet ou Denis Paradis... Accolée à leur nom, une étiquette : Parti Vert du Canada, Parti Progressiste Canadien, Nouveau Parti Démocratique, Parti conservateur du Canada, Bloc Québécois, Parti libéral du Canada... Des partis dans lesquels je me reconnais peu ou pas n'étant pas 'partisan'...



Ce serait tellement plus simple si chacun des candidats avait son blogue... J'aurais pu comparer leurs idées politiques, les questionner sur la place publique, les amener à prendre ou à refuser de prendre par écrit des engagements sur des enjeux qui nous touchent de près ici, dans le fin fond de Brome-Missisquoi... Et après-demain, le dialogue ouvert pourrait continuer, l'implication de part et d'autre, la concrétisation de la parole donnée...



Mais nous ne sommes qu'en 2006... Je dois me contenter de dépliants démesurément partisans, d'articles de journaux aux titres naïvement racoleurs, de clips télévisuels médiatiquement 'punchés' et politiquement démobilisateurs...



Je ferai quand même un choix. Et ce soir, je me rallierai démocratiquement au choix de la majorité. Puis, demain et les jours d'après, je me croiserai les doigts en espérant que nous en sortirons tous gagnants, même nous dans le fin fond du comté de Brome-Missisquoi.


22 janvier 2006

Voter pour qui?



À la veille de l'élection, je dois faire le constat que je connais fort mal les candidats qui figureront demain sur mon bulletin de vote. Je connais leur nom, leur cv, leur parti et son chef, leur cote dans les sondages... Mais leur vision politique personnelle? Leurs priorités dans le comté? Leurs engagements en tant que porte-paroles des commettants de Brome-Missisquoi?



Chaque jour pourtant, depuis le début de cette campagne électorale, je parcours les articles de presse en ligne sur les candidats de mon comté. Je visite aussi périodiquement leur site Web dans le but d'en savoir plus sur eux... Une démarche dont les résultats sont bien minces, inopportuns même dans un certain cas.



Est-ce parce que j'habite le fin fond de Brome-Missisquoi? Dans la partie la moins densément peuplée du comté, la partie la plus rurale et la partie la plus fragile sur le plan économique notamment à cause de la pollution chronique qui sévit dans la baie Missisquoi? Je n'entends ni l'un ni l'autre des candidats en lice se préoccuper de nos villages qui doivent perdre petit à petit leur identité au profit de la régionalisation; de nos jeunes qui doivent 's'exiler' pour étudier et pour réaliser leurs rêves; de nos agriculteurs quotidiennement confrontés avec un paquet d'étouffantes pressions (syndicalisation, industrialisation, mondialisation, pollution, règlementation, réputation...); et surtout de notre eau, celle du lac Champlain et celle de nos puits, irréversiblement eutrophisée...



Voter pour qui... Lequel des candidats en lice dans Brome-Missisquoi sera capable de se lever en Chambre pour dire en notre nom :



« Monsieur le Président, ça ne peut plus continuer ainsi dans la partie ouest de mon comté de Brome-Missisquoi : il faut que notre gouvernement investisse et prenne d'urgence des mesures concrètes pour revitaliser la baie Missisquoi et l'économie de la région! La dégradation a assez duré! Il faut agir pour que d'ici 2009 la fierté reviennent dans la population riveraine de la baie Missisquoi! »

 

Et pour ensuite mettre la pression politique et médiatique qu'il faut jusqu'à obtention de résultats?



Lequel, laquelle est 'de parole'? Est-ce trop demander de notre député-e, tous partis confondus, qu'il ou qu'elle soit d'abord et avant tout notre porte-parole?




21 janvier 2006

Voter pour quoi?

Lundi, je vais voter. Pour quoi? Parce que je crois en la démocratie. Je crois que mon vote est important pour l'avenir de ce pays, important pour sa signification mais aussi pour son poids numérique dans le choix de nos représentants : mon vote de lundi ne vaut-il pas numériquement autant que celui du plus riche et du plus puissant Canadien?



Mais je vais surtout aller au bureau de vote pour la signification qu'a pour moi le geste de voter. En votant au vu et au su de mes concitoyennes et concitoyens, j'affirme ouvertement ma foi en la démarche démocratique, je signe en quelque sorte un engagement à participer personnellement au mieux être de mon pays.



Mon vote de lundi est un geste de confiance en l'avenir. Si je ne croyais pas en l'avenir de ce pays, je m'abstiendrais de voter. Mais j'y crois. Je crois à un avenir plus juste et plus humain. Plus juste dans la répartition de nos ressources et de nos avoirs collectifs; plus humain dans le respect de nos vies, de nos valeurs et de notre environnement. J'y crois parce qu'en votant, je ne fais pas que choisir quelqu'un pour me représenter mais je prends l'engagement de m'impliquer dans la cité avec ses autres commettants.



Sachez, candidates et candidats de Brome-Missisquoi, que mon vote est beaucoup plus qu'une marque sur un bout de papier à côté d'un nom et d'un parti quels qu'ils soient. En votant, je confie à celui ou celle d'entre vous qui emportera l'élection la mission de rendre mon pays, ma région et le monde plus justes et plus humains. Pour ce faire, je vous donne le pouvoir et les moyens de le faire : le pouvoir législatif, les moyens fiscaux. Fort de mon vote, vous pourrez ensuite pendant toute la durée de votre mandat, compter sur mon soutien pour y arriver.



Je sais pour quoi je vais voter, ce lundi. Mais pour qui?


17 janvier 2006

Voter

Lundi, je vais fièrement voter pour qui j'aimerais voir me représenter et s'occuper de notre destinée au Parlement canadien. Fièrement. Très fièrement même, je vais ressentir comme à chaque élection ce sentiment d'égalité avec toutes mes concitoyennes et concitoyens. Car nulle part ailleurs nous sommes plus égaux que dans un bureau de vote, même si nous sommes sans-abris.



Ce lundi citoyen, on ne me demandera ni mon âge, ni mon orientation sexuelle, ni ma profession, ni ma langue maternelle, ni ma religion, ni mon niveau de scolarité, ni mon état de santé, ni mon degré de solvabilité... On vérifiera simplement si je suis bien le citoyen canadien Jean Trudeau inscrit sur la liste électorale; tout au plus me demandera-t-on de le prouver. À la sortie, je n'aurai rien à payer; peut-être même quelqu'un me dira-t-il « Merci d'être venu voter! »



Voter. Fièrement voter. Mais pour qui?


06 janvier 2006

Vox Web

Avec le Chronologue, je me suis amusé à comparer la popularité statistique des chefs des trois principaux partis fédéraux selon l'occurence de leur nom sur le Web francophone au cours des derniers mois.


 



Les nombres entre parenthèses indiquent la moyenne journalière pour chaque chef. L'échelle verticale donne pour chaque jour le nombre de fois la moyenne.

 


Ce n'est pas scientifique mais, si la tendance se maintient...


03 janvier 2006

Pour une nouvelle éthique télévisuelle

Retour des Bougons, hier soir. Même si la tentation est grande de le faire, non, je ne qualifierai pas de nouveau cette émission de décadente comme je l'aurais fait l'an dernier -- résolution oblige --, même si une certaine scène 'cochonne' m'a fait remonter dans le gorgoton le dernier beigne fourré à la crème que j'ai enfilé goulûment il y a quatre ou cinq ans chez Machin Donuts... Le plus triste de cette scène grotesque, c'est qu'elle risque de nous faire oublier le reste -- l'essentiel, devrais-je dire -- de l'émission : une des plus belles satires qu'il m'ait été donné de voir de notre 'système de santé à deux vitesses'. Du grand Évrard et du grand Aetios, gâchés pour épater la galerie!



Notre télévision, même publique, semble s'être donnée pour mission d'éventrer tous les tabous sexuels, tant ces derniers inspirent un grand nombre d'émissions. Et ce n'est pas fini. Forts de l'appui de la Cour Suprême, nos canaux pourront bientôt étaler toutes les formes possibles et inimaginables d'échangisme sexuel pour maintenir leurs cotes d'écoute...



J'ignore jusqu'où cela va nous mener comme société : à foutre en l'air toute éthique ou à développer une nouvelle éthique?



Pour l'instant, la première alternative semble gagnante et payante : j'ai lu quelque part que Les Bougons est l'émission du petit écran qui rapporte le plus par trente secondes en revenus publicitaires...



Parmi nos diffuseurs de fonds de culotte, n'y a-t-il pas quelqu'un qui soit capable de se rhabiller et de mettre de l'avant une nouvelle éthique télévisuelle? Je pense ici à une télévision qui serait pro-active, à une télévision qui s'impliquerait autrement que par une grande guignolée d'un jour qui lui ressemble trop. Je pense à une télévision qui ne laisserait pas ses téléspectateurs impuissants devant des images d'inhumanité comme celles d'un TéléJournal récent montrant des Pakistanais, hommes, femmes et enfants, en train de geler dehors dans la neige parce qu'ils n'ont pas encore reçu suffisamment d'aide internationale pour se reloger après le séisme dont ils ont été victimes il y a trois mois...



Une télévision mobilisatrice plutôt qu'à-plat-ventrissante...



01 janvier 2006

En 2006

Soit dit entre nous et la boîte à bois, j'ai pris la résolution d'être moins grincheux en 2006... Sous le couvert de la lucidité, il est trop facile d'être alarmiste! Or, tout comme le cynisme et la dérision, l'alarmisme n'engage à rien et ne mène nulle part, sinon à l'anéantissement.



Passer de la parole aux actes ou me taire. Bloguer intelligemment.


Bonne année!