31 décembre 2005

Télé vision

Ce que j'attends de vous, hommes et femmes qui aspirez à nous représenter à la Chambre des Communes, le Parlement du Peuple, le 23 janvier prochain?


Un engagement à consacrer vos énergies et vos talents à rendre la société de plus en plus juste et le développement de plus en plus durable afin que nous puissions laisser aux générations qui suivront, un monde meilleur.


Une vision, quoi!


Je crains cependant que cela ne fasse pas de la très bonne télévision...



29 décembre 2005

QUEBest Buy

Le paysage urbain québécois évolue lentement mais sûrement vers la prédominance de l'anglais dans l'affichage corporatif. Simple ajustement linguistique sans doute, pour que les apparences correspondent mieux à notre identité réelle : « Beaucoup de Québécois francophones se définissent comme... des Américains parlant français », écrivait Yvan Lamonde en 1996, dans un essai assez génial sur l'identité québécoise, à un moment de notre histoire où on s'en préoccupait encore.



Notre tolérance collective à l'égard de la multiplication des bannières de langue anglo-américaine de plus en plus omniprésentes dans nos villes et nos banlieues témoigne sans contredit de notre adhésion pleine et entière au grand rêve américain. La dernière en lice, Best Buy, exprime d'ailleurs tellement bien la société de consommation à tous crins qui est la nôtre. On ne magasine plus au Québec, on achète au meilleur prix (présume-t-on, les yeux fermés) chez Wal-Mart or Best Buy.



Et cette évolution se fait avec la bénédiction de nos gouvernements représentatifs en retour de quoi ils perçoivent, best buy ou pas, leur 7 et leur 7,5 pourcent. Et avec la complicité de nos médias dits nationaux qui en font leurs choux gras en nous déversant des best buy à pleines pages, à pleins écrans et à pleins publisacs.



Conséquence de cette globalaméricanisation? Dans deux générations tout au plus, le français au Québec ne sera plus qu'une langue folklorique comme le sont aujourd'hui le cri, l'inuktitut, l'ojibwé, le naskapi, le micmac, le mohawk, le montagnais, l'atikamek, etc.


28 décembre 2005

Blogue et dépendance

Je mets fin à ma cure de désinbloxication en partageant avec vous cette réflexion d'un ami :



Je me suis toujours demandé où commençait la dépendance, définie comme «ne pouvant s'empêcher de».



La réponse est assez simple : tout va bien jusqu'au moment où on décide de faire passer l'activité en question au devant de choses auxquelles on accorde de la valeur, et à leur dépends.



Alors, un phénomène automatique de justification se met en place, qui dévalorise le reste et survalorise l'activité.



Reconnaître la responsabilité du choix initial est plus difficile que de continuer et ne fait que l'amplifier.



La privation permet de retrouver le cadre initial, mais ça demeure la privation de quelque chose de fonctionnel et potentiellement utile ou agréable.



Reste à reconnaître ceux à qui on a fait le coup, les fois qu'ils auraient dû savoir qu'on les laissait tomber pour «l'activité», surtout les premières fois. Ça comprend soi-même, sa famille, ses amis, compagnons...



À partir de quand redevient-on «non-dépendant»?



Quand on est capable de faire l'activité, tout simplement, avec ses limites, son cadre d'utilisation pratique et tout ce qui en fait un outil intelligent et non un ogre tentaculaire.



J'ai relu ça je ne sais combien de fois avant de m'y reconnaître...



Merci, Denys.


19 décembre 2005

Tu vas nous manquer, Sol...


Source : Le Devoir, 19 décembre 2005

04 décembre 2005

À mi-cure de désinblogsication

Pour tout vous dire, je suis en cure de désinblogsication. Les premières semaines de blogstinence ont été extrêmement difficiles, je l'avoue. J'ai même souvent récidivé en utilisant le mode brouillon pour que ma blogaddiction ne soit ni vue, ni connue...



Il a d'abord fallu que je prenne conscience que j'étais inblogsiqué, que j'admette ma blogdépendance. Et puis que je prenne la seule décision logique et cohérente à la suite de ce constat : celle d'arrêter de bloguer chaque matin comme un malade. Pendant qu'il était encore temps. D'arrêter, point. Sans gomme blogorette, sans patche antiblog, sans coach ni thérapeute pour me déblogrammer, sans séjour possible dans une maison de désinblogsication. Arrêter tout seul et tout de go de bloguer frénétiquement...



Pas facile! Je préfère ne pas élaborer là-dessus.



Hier, rien que pour tester l'état de ma bloguite -- juré, rien que pour tester! --, je suis retourné dans ma blogosphère, chez Bloglines. Vous ne le croirez pas mais je n'ai pas paniqué en apercevant les centaines de billets qui étaient là, en attente d'être lus. Des centaines; peut-être même plus. Or, je ne me suis même pas demandé par lequel commencer. Et je n'ai pas fait d'anxiété à la pensée que je n'aurais jamais le temps de tous les lire risquant ainsi de rater ceux qui en valent peut-être la peine... J'ai tout simplement fait lentement défiler la liste de mes abonnés rss avec le nombre de leurs billets non encore lus, en me demandant ce qu'ils pouvaient bien encore écrire et avoir écrit depuis le début de mon désaccrochage...



Oui, c'est vrai, je suis allé jeter un coup d'oeil aux textes de quelques blogueurs sûrs, les pédagogues d'Opossum, pour ne pas les nommer. Un test pour me rassurer, rien de plus : juré! Or, je les ai trouvés encore eux-mêmes, encore capables de se mettre en maudit même engoncés dans leur nouvel emballage corporatif! J'ai failli craquer, preuve que je suis encore à fleur de pot. Mais je me suis finalement retenu : pour prévenir toute rechute, je n'ai publié aucun des commentaires que j'avais pourtant commencé à blognoter...



J'entreprends maintenant la phase déterminante de ma désinblocsication : faire face à la réalité bien réelle qui m'entoure, cesser de trop l'imaginer noire ou blanche et en apprécier plutôt les couleurs toutes en nuances et sentiments. Agir. Réagir verbalement à tout le moins. Lutter contre le blocage.