31 juillet 2005

Chère Joblo

    Dans son billet 'd'adieu', Josée Blanchette vide son sac après le visionnement du film Horloge biologique. Je regrette qu'elle ait choisi de mettre le verrou sur la fonction commentaires de son blog : j'aurais eu quelques questions à lui poser. Même pas pour avoir des réponses.


Parce que ce sont des questions dont je connais les réponse$.



Pourquoi fait-on de tels films au Québec? Pourquoi les classe-t-on '13 ans +'? Pourquoi des producteurs (productrices, par surcroît) financent-ils de tels films? Pourquoi des comédiennes et des comédiens acceptent-ils de jouer dans de tels films? Pourquoi des distributeurs mettent-ils de tels films à l'affiche? Pourquoi des journalistes cautionnent-ils des films pareils? Pourquoi les médias en font-ils la promotion? Pourquoi la télévision publique en fait-elle la promotion -- avec une scène simulée d'accouchement grotesque à dégoûter n'importe qui de la maternité?



Et des questions auxquelles il n'y a sans doute pas de réponses.



Pourquoi de tels films sont-ils subventionnés par l'État? Pourquoi des cinéphiles vont-ils voir ce genre de cinéma? Pourquoi des femmes et des hommes qui se respectent doivent-ils tolérer ce genre de cinéma?



    Dommage, Joblo, que vous fermiez boutique : vous étiez un bon préservatif contre l'abrutissement.


7 commentaires:

François Trudeau a dit...

Pourquoi pas?

Pourquoi ne pas montrer une réalité qui est typique de chez nous? La présenter sous forme de comédie permet de passer des messages au public qui est attiré par l'humour (et la scène à laquelle tu fais référence est dans la section "humour", pas "message").

Trogi a aussi réalisé Québec-Montréal, qui est un excellent film. Tu l'as vu? Sinon, je te suggère fortement de le visionner avant de jeter un regard réprobateur basé sur une entrée de blog...

JT a dit...

La description qu'en fait la Régie du cinéma ne m'inspire rien de bon non plus :

« Des copains dans la trentaine, amateurs de baseball, se demandent s'ils doivent renoncer aux avantages du célibat (danseuses nues, aventures sexuelles, chasse) pour fonder une famille.

S'interrogeant sur le couple, la paternité, le désir, l'avortement, le film comporte une préoccupation sexuelle omniprésente, des moeurs et des propos crus qui risquent de perturber des enfants. »

Mais je peux comprendre que quelqu'un ait besoin de vérifier de ses propres yeux la justesse de ces propos...

François Trudeau a dit...

Cinéma Montréal affiche une description différente...

« La fuite du temps est sans doute la seule véritable preuve de justice en ce bas monde. Certains voudraient en arrêter le cours, d'autres choisissent plutôt de le suivre. Trois hommes dans la jeune trentaine sont à l'âge où l'on doit envisager de s'engager et peut-être songer à la paternité. Comment réagir lorsque les amitiés changent et que lentement, le cercle se referme sur cette petite cellule qu'est notre nouvelle famille ? Que faire lorsqu'on sent que c'est la fin de notre jeunesse ? »

Le film est coté 9/10 par les 4 personnes qui l'ont vu à date...

Martin Lessard a dit...

Que l'argent mène le monde, je ne crois pas qu'il faille en vouloir à Trogi.

Que l'on dépeigne une certaine réalité avec l'humour, on le fait depuis Molière.

Je vais aller voir le film parce que je crois que Trogi propose une image (distordue) qui peut tout de même donner le goût de changer cette société malade de l'engagement.

(Un miroir grossissant peut parfois être le signal du début d'un changement).

JT a dit...

Je n'en veux ni à Trogi ni à aucun autre : je me pose simplement des questions sur ce qui motive ce genre de cinéma.

Et tant mieux si de tels films peuvent déclencher un changement Ce dont je doute, cependant : qu'en pensent, après Joblo, d'autres qui l'ont vu?

Martin Lessard a dit...

Bon, je viens de voir le film de Trogi.

Molière souffre un peu de ma comparaison avec lui. Molière, il faisait des farce. Trogi, il est dans la caricature. Caricature plutôt lourde, tendance dramatique. Les hommes sont des bêtes, les femmes des hystériques.

Trogi n'apporte pas de morale, il signe et persiste. Les dialogues sont coupants de vérité même si l'ensemble peut sembler unidimentionnel, sans la profondeur ambivalente d'un scénario plus subtile. Trogi ne cherchait pas tant, de toute façon.

Le film touche tout de même, doit faire réfléchir, nécessairement, sous peine de tomber dans la nausée de vacuité que véhicule les personnages.

Plus personne ne pourra utiliser les alibis apportés par Trogi pour fuire la question sous peine de se faire identifier comme les cro-magnons dans le film.

Trogi porte un regard désabusé. Soit. Celui du spectateur ne peut plus l'être, après. C'est un bon début, non?

JT a dit...

Merci pour ce témoignage, Martin. Je vois difficilement comment un tel désabusement pourrait déclencher quelque chose de constructif... J'irai plutôt voir un jour « La neuvaine ».