18 avril 2005

Pas de débats, pas de démocratie

En revoyant hier l'entrevue de Michaëlle Jean avec Daniel Pinard, j'ai eu la nostalgie des grands débats qui ont eu cours il y a quelques années sur les ondes de notre télévision publique. La tour de Babel, par exemple, qui réunissait des gens de qualité autour de sujets de fond. Aujourd'hui, cotes d'écoute obligeant, il faut se contenter de 'shows de plogues' menés par la 'gang de RBO' et autres petits drôles!



Et pendant que nous nous esclafons tout en devenant obèses (excellent dossier de Découverte en fin de semaine sur le sujet), les ressources de notre Terre sont dilapidées par une minorité et la majorité d'impuissants que nous sommes laisse la démocratie s'étioler. Daniel Pinard en donne des exemples sidérants ici même au Québec dans les domaines de l'agriculture mondialisée et de l'alimentation industrielle.



Le cas de la fièvre électorale qui s'est emparée de nos politiciens illustre on ne peut mieux combien notre démocratie est chambranlante. Le financement occulte des partis politiques révélé par la Commission Gomery devrait susciter un débat de fond à Ottawa et déboucher sur une révision complète des règles qui régissent la politique canadienne (lire à ce sujet l'éditorial de Bernard Descôteaux). Au lieu de cela, on s'accuse bêtement à qui mieux-mieux et on menace de 'faire tomber' le gouvernement en faisant semblant d'ignorer le raz-le-bol de la population : bref, dans le fond, on tient à conserver le statu quo. Sans doute parce qu'il fait l'affaire de tous les partis.



Et les campagnes électorales étant ce qu'elles sont, c'est-à-dire des campagnes publicitaires dont les électeurs font les frais (dans tous les sens du mot) au lieu d'occasions de débats sur les sujets cruciaux, il ne nous restera de démocratique qu'un petit vote symbolique pour le parti qui aura le mieux réussi à nous embobiner.



Dans ce pays on nous traite de plus en plus et, pire encore, nous nous laissons de plus en plus traiter comme une bande d'adolescents attardés.


3 commentaires:

Anonyme a dit...

Je visionnais justement «L'erreur boréale» de Richard Desjardins il y a quelques jours.

Franchement, je pose la question: comment un modèle économique basé sur la croissance indéfinie peut-il tenir la route dans un monde fini?

Normand Lamoureux

Magoua a dit...

Parce qu'en bout de ligne l'humain réussit souvent à être plus efficace dans sa production alimentaire notamment, Normand. Ce pourquoi le discours pinardien de la bonne bouffe m'énerve profondément par moments. Du jambon bio ou écolo c'est possible, c'est meilleur mais c'est cher et impossible à produire en masse. Et dans 30 ans il y aura 4 miliards d'humains à faire manger en plus. Un écolo tiers-mondiste sérieux comme René Dumont n'est jamais tombé dans le purisme bio parce que trop agronome de métier. Il sait bien que si la Chine et l'Inde peuvent manger c'est grâce aux engrais chimiques, sous réserve qu'ils soient sagement et équitablement utilisés. On oublie trop souvent que la technologie est utile et en bout de ligne souvent très efficace: quoi de plus polluant que le chauffage au bois ?

JT a dit...

Mais qui profite vraiment de la production alimentaire industrielle? Et a-t-on vraiment fait le bilan de ce mode de production? (La destruction de l'environnement -- et de l'humanité? -- qu'elle engendre à long terme comparativement aux avantages et aux profits qu'elle génère à court terme)

Nos 'leaders' politiques et économiques sont-ils seulement capables de répondre à ces questions?