02 février 2005

Vérité et mensonge

Quelque part entre la vérité et le mensonge, il y a l'engagement et l'honneur.



Le billet de Virginie Luc, L'art est un mensonge qui dit la vérité, le journalisme une vérité qui dit un mensonge, est cinglant pour les médias et pour notre société qu'ils reflètent.



La dérive de « la » presse n'est que le reflet d'un phénomène qui la dépasse largement. Celui d'une société qui ne tourne pas très rond. Ou justement, qui tourne trop en rond. L'individu occidental, dans sa quête effrénée du bonheur immédiat, est devenu le centre des préoccupations : chacun défend ses droits, son bien-être physique et psychique. On s'en tient à soi, à ses préoccupations immédiates (au mieux, à son pays). On s'adore soi-même. On est dans l'ère du « moi je », immanquablement névrosé. Notre société occidentale s'est coupée de toute transcendance. Il n'y a pas (plus) de projet commun et unificateur, plus d'élan vers l'extérieur, vers ce qui nous dépasse... On a sacralisé l'individu qui finit aujourd'hui par s'asphyxier lui-même. La liberté des journalistes s'est réduite comme peau de chagrin, coincée entre une pensée dominante et moralisatrice, les censures économiques et une certaine complaisance à l'égard du pouvoir politique.


Le parti pris de Virginie Luc pour 'l'art qui dit la vérité' s'explique sans doute par les artistes qu'elle a fréquentés, qu'elle fréquente encore et dont son blogue témoigne intensément. Car l'art peut, tout autant que le journalisme et le blogue, être condescendant et mensonger, cacher ou maquiller la vérité : il faut bien plaire et manger.



En journalisme comme en art et comme en toute chose d'ailleurs, il ne peut y avoir de vérité sans engagement. Un engagement dans l'honneur.



HONNEUR, subst. masc. Principe moral d'action qui porte une personne à avoir une conduite conforme (quant à la probité, à la vertu, au courage) à une norme sociale et qui lui permette de jouir de l'estime d'autrui et de garder le droit à sa dignité morale. (TLFi)



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